Le nouveau film de Bernard Martino sur la crèche de Budapest.

Miriam Rasse

 

A Budapest, en Hongrie pendant soixante cinq ans, de 1946 à 2011, I'Institut PIKLER que tout le monde appelait LOCZY, du nom de la petite rue où il se trouve, a été une pouponnière prestigieuse que visitaient des professionnels de la petite enfance venus du monde entier.

 

En 2006, la pouponnière a dû pour survivre se muer en une crèche de jour. Et immédiatement il est apparu évident qu'il n'allait pas être question, dans ce nouveau contexte, de renoncer à quoique ce soit d'essentiel mais bien de countinuer le plus possible comme avant, de préserver en le recyclant la quasi totalité du savior accumulé là pendant des décennies.

 

Aujourd'hui c'est chose faite, Loczy demerue. Et force nous est de constater que ce savior qu'on ne pensait salvateur que por le enfants abandonnés se révèle aussi bénéfique pour les enfants accueillis aves leurs parents.

 

Entre 1982 et aujourd'hui, Bernard MARTINO cinésate, auteur de la série « le bébé est une personne », s'est rendu très souvent à Loczy. Le cinéaste est devenu un familier des lieux. Venant aprè « Loczy, une maison pour Grandir » diffusé en l'an 2000, ce nouveau film rèal isé par lui entre 2009 et 2012, dans une institution en plenie métamorphose, constitue un nouvel outil pour aller plus loin dans la compréhension de ce Haut-lieu de la petite enfance.

 

Pour la Suisse, les commandes sont à adresser à: 
Association Emmi Pikler-Lóczy Suisse:

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Pour les autres pays: www.editions-eres.com


Depuis plus de trente ans qu’il filme à l’Institut Pikler de Budapest – d’abord pour la réalisation du film « le bébé est une personne » en 1983, puis pour « Le bébé est un combat » en 1994, et « Loczy, une maison pour Grandir » en 2000 - Bernard Martino est devenu un familier des lieux.

En 2009, Bernard Martino entreprend de filmer la crèche créée en 2006 et les groupes parents/enfants mis en place quelques années auparavant, désireux de commencer une nouvelle fois à archiver des images, au cas nullement théorique où l’Institut se verrait contraint de fermer ses portes, mais aussi curieux de comprendre comment s’opère la transposition du savoir accumulé, comment fonctionne cette crèche dont il voit bien qu’elle se démarque déjà de n’importe quelle autre.

 

Lorsqu’en en avril 2011, la pouponnière de Lóczy ferme définitivement, la menace pesant sur la survie de la crèche s’accroit. Une souscription est alors lancée pour compléter, dans l’urgence, le tournage d’un maximum de séquences. De nombreuses personnes et associations nationales y répondent et plusieurs dizaines d’heures de tournages sont enregistrées.

 

Grâce à la mobilisation des parents et à l’incroyable énergie déployée par l’équipe de l’Institut, la crèche a pu être sauvée et ce savoir accumulé pendant des décennies, préservé. L’avenir de la crèche restant néanmoins incertain et précaire, Bernard Martino, convaincu, comme toujours, du pouvoir de l’image pour promouvoir des idées et favoriser des prises de conscience, se mobilise pour le projet d’un nouveau film. Un film à la fois analytique et « militant » pour, dans le même temps, aider à la préservation de ce lieu, et faire connaître et reconnaître la qualité du travail qui s’y fait, dans le contexte d’une crèche en train d’advenir, certes différent de celui de la pouponnière, mais dans lequel il n’était pas question de renoncer à quoi que ce soit d’essentiel de la philosophie piklérienne.

 

Afin de donner à ce projet une envergure internationale, la toute nouvelle association internationale envisage d’en être le producteur. Mais, en pleine création, cette association y renonce, et en confie provisoirement la charge administrative et financière à l’association française.

 

Ce film est en cours de finalisation, avec un titre inspiré d’une phrase d’Anna Tardos : « nous sommes une école de civilisation » car il s’agit, avec ce film, d’attirer l’attention sur les enjeux fondamentaux auxquels renvoient l’accueil et l’éducation dans la petite enfance.

 

En effet, bien au-delà du savoir-faire délicat, attentionné, respectueux que les « nurses » de la pouponnière ont su transposer dans ce lieu et transmettre à leurs nouvelles collègues, ce film révèle un savoir-être qui nous montre ce que pourrait être, ce que devrait être, partout, l’éducation d’un jeune enfant. A quoi pourrait, devrait toujours ressembler la relation d’un adulte avec lui.

 

La réalisation de ce film a conduit Bernard Martino à revenir aux fondamentaux de la pensée d’Emmi Pikler, car pour elle, dit-il, « il n’y a jamais eu les enfants abandonnés d’un côté et les enfants en famille de l’autre, les bébés et les plus grands ; mais, il y a toujours eu quelque soit l’âge, les circonstances ou l’environnement, des enfants dont il fallait reconnaître et satisfaire individuellement les besoins spécifiques ». Ces fondamentaux, et c’est un atout pédagogique incontestable de ce film, sont remarquablement ré-énoncés par Bernard Martino qui sait en donner le sens, les traduire en images qui nous touchent.

 

De cette rencontre avec les enfants et les adultes qui y vivent, on ne sort pas indemne… mais imprégné de l’atmosphère particulière qui y règne, dont on peut donner quelques aperçus:
Cette crèche est un lieu dévolu aux enfants, taillé sur mesure pour eux, conçu pour épouser leur rythme, accompagner leurs émotions, accueillir leurs pulsions, satisfaire leurs besoins...
Un lieu où les enfants sont des partenaires des adultes et les adultes des alliés des enfants. Des adultes pour qui il est hors de question, sous prétexte que l’on a un groupe à gérer, de presser le mouvement  - pour faire vite -, de faire à la place de l’enfant …Qui ne stimulent pas les enfants, ou alors indirectement, comme par inadvertance, en étant disponibles pour accompagner leurs initiatives et commenter leurs découvertes.
Les parents (on voit de nombreux papas!) y sont accueillis comme ils sont, et pris comme tels…même si la manière d’éduquer les enfants à la crèche, peut différer grandement de celle qui a cours à la maison.


Et, les groupes enfants-parents où est offerte aux parents la possibilité de regarder leur enfant jouer librement et où ils se surprennent à regarder leurs enfants avec d’autres yeux…
Ces enfants qui, dans un environnement humanisant deviennent « policés » : sous nos yeux se déploie ce processus de « socialisation primaire » guidé par des adultes qui trouvent les mots justes pour contenir les émotions, dissiper un trouble ou faire accepter une règle.
A la manière de Mari pour faire comprendre à ce petit garçon - sans même toucher sa main pour l’en empêcher - qu’il n’est pas permis de jouer avec le robinet … « sans prononcer de « non » catégorique, sans entrer avec lui dans un quelconque rapport de force, sans prendre l’insistance de l’enfant à manœuvrer quand même le robinet, comme un refus de lui obéir à elle, comme une volonté de la narguer personnellement… A la manière qu’elle va le faire, au contraire, en manifestant à l’endroit de l’enfant une sorte de confiance paisible… »
Dans un lieu « où il n’est jamais accepter que la logique du collectif et les contraintes qu’il impose prennent le pas sur les besoins particuliers de chaque individu ».
Avec des interviews des « nurses » qui, avec sensibilité, authenticité, parlent de leur travail, de leurs relations avec ces enfants, leurs parents, de leur fonction de « personne de référence », de l’adaptation…et du cadre institutionnel, du travail d’équipe qui permet, soutient cette attitude, cette disponibilité psychique ; et qui les protège, comme le dit Myriam David, dans le film, « de leurs projections personnelles pour développer tout ce qui est empathique »

 

Ce commentaire si subtil de Bernard Martino et le contenu de ces multiples séquences de la vie quotidienne, suffisamment longues pour que l’on puisse entrer dans cet événement, feront certainement de ce film un précieux outil pédagogique pour nous tous qui cherchons à transmettre cette philosophie piklérienne.

 

Néanmoins, ce film ne s’adresse pas qu’aux professionnels, mais à tous ceux qui sont concernés par « l’éducation » des enfants.

 

La première projection publique de ce film aura lieu à Paris le 17 mai prochain, en présence de Zsuzsa Libertiny et de plusieurs éducatrices de la crèche.

 

Ce film, actuellement en version française, va être traduit en Hongrois, bien sûr, pour permettre une diffusion aux parents de la crèche (qui bénéficieront, chacun, d’un DVD de ce film) et sans doute plus largement dans le pays.

 

Une version allemande est en cours de réalisation aussi grâce au financement de l’association Allemande, sous forme de pré-achats de DVD.

 

Des versions dans d’autres langues pourraient être réalisées, avec ce même mode de financement, pour permettre une diffusion internationale.