Catherine,
Le sentiment qui domine en moi aujourd'hui, est la révolte. Révolte parce que la mort est toujours inacceptable. Toutefois, il est des cas où je peux me raisonner, lorsqu'elle est dans l'ordre des choses, arrivant à un âge où beaucoup, sinon tout a été accompli.
Pour vous c'est trop tôt !
Beaucoup trop tôt !

Il vous restait encore tant à donner et à recevoir!

Nous avons fait connaissance lors de votre arrivée à l'Association. Là, rapidement nous avons découvert que nous avions des liens à travers Roland et Marie Geneviève Assathiany, membres de votre famille.Marie Geneviève, Graber à l'époque, a été pour moi une amitié professionnelle précieuse. Ensemble nous avions après guerre, découvert, avec enthousiasme, les approches originales des Américains en matière de Service Social. Roland lui,m'avait "surveillée" en tant qu'examinatrice à différents Diplômes d'états des professions sociales. Plus tard, ils ont formé un couple accueillant à Guéry et à Paris. De ces moments je garde de nombreux et bons souvenirs.
Catherine, les évoquer ensemble et évoquer l'histoire d'une partie de votre famille à travers celle bien originale de Roland Assathany,nous a donné tout de suite un socle commun et une certaine complicité.

A APLF nous nous rencontrions lors des réunions sur les interventions dans les "institutions difficiles". J'aimais vos présentations, la manière dont vous réagissiez à celles des autres et interveniez dans les discussions. Dans le cadre de l'Association française ce furent nos seuls temps de travail ensemble. Assez peu en somme. Mais suffisants pour que je pense à vous lorsque s 'est posé à AIP(L) l'idée d'une sorte d'Audit ?

AIP(L), Association internationale qui, après avoir rendu d'efficaces services de soutien à l'Institut Pikler et amorccé des liens ente les différentes associations Pikler nationales, commencait a s’essouffler : nombre de  membres stagnant, CA vieillissant, impossible à remplacer, pas ou peu d'innovations ! Pourquoi cet état de fait ? Comment réagir ? Il fallait rencontrer les représentants piklériens des différents pays.
Votre nom Catherine m'est tout de suite venu à l'esprit et aussitôt coopté.

Votre capacité à voir l'ensemble d'unequestion, votrebonne connaissance de l'approche piklérienne, vos capacités d'écoute et d'empathie complétées par votre multilinguisme et capacité d'entreprise étaient respo nsables de ce choix.
Notre seule hésitation...nous vous savions malade. Nous étions en. 200 ? Nous avons pensé que c'était à vous qu'appartenait la décision et vous avons sollicitée.

Vous avez accepté et ce fut un succès ......Issue de ce travail de plusieurs années, une nouvelle Association : Pikler International est né et avec de nouveaux objectifs plus proches des besoins actuels et un renouvellement de génération.

Et pour moi est venue l'occasion de vous voir plus souvent, autrement sur de nouveaux thèmes . Un vrai, vrai, plaisir.
Catherine,
Vous étiez une remarquable collaboratrice, de celles, de ceux qui s'intéressent aux objectifs poursuivis, les questionnent pour bien les comprendre, aide à les affiner et ensuite mettent toute leur énergie et inventivité à les atteindre. J'aimais votre humour, toujours amical devant les "travers" des uns et des autres. ous n'étiez pas naïve, plutôt perspicace mais toujours avec chaleuret tolérance.

Puis vinrent quelquesrencontres amicales plus récentes, autour de chants. De bons moments, là encore je me trouvais en harmonie . Et j'admirais votre courage. Vous paraissiez en profiter malgré la souffrance. Vous parliez de votre fille. J'ai fait un peu plus connaissance avec Reynaldo et j'ai regretté une fois encore que la culture française nous prive si souvent de la rencontre des conjoints dans le travail.

Catherine, on nous dit que "nul n'est irremplaçable"...Vrai et stupide à la fois.
Vrai ! sinon les activités humaines s'arrêteraient ! Certes quelqu'un va  venir assurer vos fonctions, nous l'accueillerons. Cette personne accomplira la tâche avec ses propres richesses ...

mais quand même Faux ! Qui va apporter tout ce que vous apportiez ? personne ne pourra s'appuyer sur la connaissance profonde de la naissance d'une nouvelle histoire, sur le vécu des aléas autour de la mise en route d'un nouvel organisme ? Vous seulepouviez le faire.

Et c'est volontairement que je ne parle pas de la cruauté de votre absence pour chacun de vosproches !

Catherine, comme tous ici je pense, l'idée de ne plus rencontrer votre regard, ne plus entendre votre voix m'est insupportable. Je sais nous « ferons notre deuil » comme l'on dit de nos jours. La vie reprendra ses droits, votre propre vitalité le voudrait.
Pour l'heure je suis triste et lasse de trop d'Adieux.

Geneviève.